Panafricanisme et Renaissance africaine

Yannick Essengue (Douala, Cameroun)

 

montage5L’Union Africaine pour la célébration des cinquante ans en 2013, s’est donnée pour thème “Panafricanisme et Renaissance Africaine”. C’est là deux préoccupations issues de la notion d’identité, qui a fait l’objet de bien de mobilisations.

« Guidés par une commune volonté de renforcer la compréhension entre nos  peuples et la coopération entre nos Etats, afin de répondre aux aspirations de nos populations vers la consolidation d’une fraternité et d’une solidarité intégrées au sein d’une unité plus vaste qui transcende les divergences ethniques et nationales (…) Sommes convenus de créer: l’ORGANISATION DE L’UNITE AFRICAINE».

Ces propos du Préambule de la Charte de l’OUA, rendent compte du souci au niveau continental, d’arriver à une réelle prise de conscience de la place de la marche commune vers la réalisation d’un seul et même idéal, celui d’une Afrique debout et en marche.

Conformément à son article II, les objectifs que se donne l’Organisation sont de :

  • Renforcer l’unité et la solidarité des Etats africains.
  • Coordonner et intensifier leur coopération et leurs efforts pour offrir de meilleures conditions d’existence aux peuples d’Afrique.
  • Défendre leur souveraineté, leur intégrité territoriale et leur indépendance.
  • Eliminer, sous toutes ses formes, le colonialisme de l’Afrique.
  • Favoriser la coopération internationale, en tenant dûment compte de la Charte des Nations Unies et de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

En vue de parvenir à une réelle réalisation de ces objectifs, un ensemble de principes y sont associés. Il s’agit de l’égalité souveraine de tous les Etats membres (l’organisation regroupe tous les Etats indépendants, à l’exception du Maroc qui s’y est retiré en 1985) ; de la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats ; au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de chaque Etat et de son droit inaliénable à une existence indépendante ; du règlement pacifique des différends par voie de négociation, de médiation, de conciliation ou d’arbitrage. D’où la condamnation, sans réserve, de l’assassinat politique ainsi que des activités subversives exercées par des Etats voisins ou tous autres Etats. De même, sera recommandé le dévouement sans réserve à la cause de l’émancipation totale des territoires africains non encore indépendants, et une affirmation d’une politique de non-alignement à l’égard de tous les blocs, ce qui nous rappelle ici la période de guerre froide.

            Dans le passage de l’OUA en UA, le Sommet de Syrte en Lybie a joué un rôle capital. Le souci premier de Muhammar al-KHADAFI, était de proposer des Etats Unis d’Afrique. Faute d’un tel idéal, l’acte constitutif de l’UA est adopté en juillet 2000 ; même s’il faudra attendre le 37e Sommet en Juillet 2001 à Lusaka, pour que l’UA soit définitivement ratifiée. La structure ne tiendra son premier congrès en tant que tel qu’à Durban en 2002. Par rapport à L’OUA, l’UA se propose de nouveaux objectifs :

  • Se donner une Assemblée, un Conseil exécutif, une Commission et un Comité de représentants permanents.
  • Le règlement des conflits par le biais d’une plus grande insistance sur la prévention.
  • Une plus grande précision des responsabilités d’un Parlement Panafricain, approuvé par le protocole du traité d’Abuja en 1991 qui établissait une Communauté économique africaine (entrée en vigueur en 1994).
  • La détermination des structures et des critères de candidature du Conseil économique, social et culturel, composé de représentants d’organisations non-gouvernementales, d’associations socio-économiques et professionnelles et de groupes de la société civile.
  • Penser à la mise en place d’une Cour panafricaine de justice.
  • La définition des responsabilités et des fonctions des différentes institutions spécialisées et comités techniques de l’Union africaine.

Partie du Panafricanisme, l’UA se présente en définitive comme la réalisation de certains idéaux au sein d’une structure regroupant la quasi-totalité des Etats africains. Par son souci d’établir une paix durable en vue d’un réel progrès socio-économique dans un espace de cohésion et de solidarité, tel est le rêve panafricain rendu manifeste par la mission de l’U.A. Le projet confié à l’Algérie par l’UA de construction d’un musée de l’histoire des arts et des civilisations d’Afrique, est sans doute une des matérialisations de cet éveil à la prise de conscience historique comme dimension essentielle de libération.

Yannick Essengue (Douala, Cameroun)

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